Dimanche 28 septembre 2008
Ce soir, le journal télé évoquait l'histoire d'une femme au passé douloureux.
Jeune femme, un jour elle tua son père d'une balle de revolver.
Elle n'en pouvait plus d'être violenté et soumis à une sorte d'idéologie de vie nazie.
Au village tout le monde savait, personne n'a rien dit.
Le fait que personne n'ait rien dit est écœurant, mais j'arrive presque à l'expliquer, le non dit, la peur, le doute, puis tout un système de pensé qui s'établit pour justifier le silence.
Mais ce soir ce qui s'est passé est pire que tout.
Lorsque les journalistes ont interrogé les gens du village pour leur demander pourquoi ils n'ont rien dit ; je ne m'attendais pas à avoir de réponse ; je m'attendais à de la gêne, à l'expression de la peur, mais pas a ça :
" bah ! C’est le boulot des assistantes sociales hein ! Ce n'est pas au gens de s'occuper des autres "
Entendant cela j'étouffe un cri de rage. Quel culot de se justifier d'une telle manière d'un acte de non-assistance à personne en danger !! Quelle attitude désinvolte et irresponsable !!! Quelle inhumanité ?
... Cependant, mon regard psychosocial me pousse à aller au-delà de l'infra humanisation (émotive) que je fais de ces personnes. J'aimerai vraiment être capable d'expliquer ce qui s'est passé ce soir.
Qu'est ce qui a mené certains de ces gens à être totalement imbriqué dans leurs justifications au point d'être capable de la rendre publique ? Déjà je pense qu'il ne faut pas généraliser le type de pensée des personnes interrogées à l'ensemble du village.
1.Qu'en est il de la désirabilité de cette justification : " Ce n'est pas notre boulot à nous, c'est le boulot des assistantes sociales" ?
Je penche pour le fait que cela aura provoqué, comme pour moi, la répulsion dans une majorité des foyers.
La valeur apprise étant : Il faut porter secours à personne en danger, notamment en alertant les autorités compétentes.
2. Si 1 est vrai : Leur système de valeur a t-il été modifié au point d'en oublier les valeurs qui préexistent.
Je penche plutôt pour le fait qu'il soit inhibé et qu'un autre système de valeur se soit surajouté, à des fins utilitaires.
Donc " aider les gens " est inhibé et " on se mêle de nos affaires, il y a des gens prévus pour celles des autres" est rendu saillant.
(A voir si en terme d'économie cognitive, modifier une valeur en insérant des éléments contradictoires est plus ou moins coûteux que d'inhiber une valeur et de surajouter l'autre)
3. Sont-ils conscient que leur discours et eux même seront évalués très négativement par le publique ?
Je penche plutôt pour le fait que l'importance de la désirabilité explicite du discours a été inhibée par une motivation plus grande. Je pense par contre qu'il y a une désirabilité implicite, non dites, de ce discours.
4. Les gens qui soutiennent ce genre de justification au sein de ce village : Quelle place ont-ils ? Quel rôle ?
Selon moi, ils permettent à la majorité du village de rester bien pensante de ne pas avoir à formuler et intérioriser quelque chose d'indésirable. La majorité doit rester bien pensante, d'où la désirabilité implicite dont je parle au-dessus et l'émergence d'une minorité à parole extrême.
Pour la globalité du village, l'écart, dissonance, entre la norme "il faut aider les personnes en danger" et leur inaction est soulagée indirectement. Une petite partie des villageois a pris le rôle de justificateur extrémiste, ces justifications inacceptables, rendent les justifications des autres gens beaucoup plus acceptable en comparaison. Donc une petite minorité permet à la majorité de donner de la valeur à leur justification : le simple fait d'avoir peur. Voir même permet aux autres de ne même pas avoir à se justifier et de rendre l'opinion plus compréhensive vis à vis d'eux, du fait qu'au moins ils ne disent pas d'horreurs. Pour la majorité du village la dissonance crée par l'écart entre leurs actes et la norme est ainsi diminué, sans avoir besoin d'un recoure à des justifications indésirables.
La globalité du village peut ainsi rester "visiblement" conforme à la norme, acceptable par la société.
Qui ne dit mot ! Consent ? .....
J'aimerai aussi comprendre pourquoi les journalistes n'ont pas rappelé que porter secours au personne en danger est une règle primordiale de la citoyenneté. En effet rien n'a été ajouté après ces commentaires effarants, comme si cela été cautionné par les médias. Médias qui sont pourtant plus que tributaire de l'opinion publique.
Jeune femme, un jour elle tua son père d'une balle de revolver.
Elle n'en pouvait plus d'être violenté et soumis à une sorte d'idéologie de vie nazie.
Au village tout le monde savait, personne n'a rien dit.
Le fait que personne n'ait rien dit est écœurant, mais j'arrive presque à l'expliquer, le non dit, la peur, le doute, puis tout un système de pensé qui s'établit pour justifier le silence.
Mais ce soir ce qui s'est passé est pire que tout.
Lorsque les journalistes ont interrogé les gens du village pour leur demander pourquoi ils n'ont rien dit ; je ne m'attendais pas à avoir de réponse ; je m'attendais à de la gêne, à l'expression de la peur, mais pas a ça :
" bah ! C’est le boulot des assistantes sociales hein ! Ce n'est pas au gens de s'occuper des autres "
Entendant cela j'étouffe un cri de rage. Quel culot de se justifier d'une telle manière d'un acte de non-assistance à personne en danger !! Quelle attitude désinvolte et irresponsable !!! Quelle inhumanité ?
... Cependant, mon regard psychosocial me pousse à aller au-delà de l'infra humanisation (émotive) que je fais de ces personnes. J'aimerai vraiment être capable d'expliquer ce qui s'est passé ce soir.
Qu'est ce qui a mené certains de ces gens à être totalement imbriqué dans leurs justifications au point d'être capable de la rendre publique ? Déjà je pense qu'il ne faut pas généraliser le type de pensée des personnes interrogées à l'ensemble du village.
1.Qu'en est il de la désirabilité de cette justification : " Ce n'est pas notre boulot à nous, c'est le boulot des assistantes sociales" ?
Je penche pour le fait que cela aura provoqué, comme pour moi, la répulsion dans une majorité des foyers.
La valeur apprise étant : Il faut porter secours à personne en danger, notamment en alertant les autorités compétentes.
2. Si 1 est vrai : Leur système de valeur a t-il été modifié au point d'en oublier les valeurs qui préexistent.
Je penche plutôt pour le fait qu'il soit inhibé et qu'un autre système de valeur se soit surajouté, à des fins utilitaires.
Donc " aider les gens " est inhibé et " on se mêle de nos affaires, il y a des gens prévus pour celles des autres" est rendu saillant.
(A voir si en terme d'économie cognitive, modifier une valeur en insérant des éléments contradictoires est plus ou moins coûteux que d'inhiber une valeur et de surajouter l'autre)
3. Sont-ils conscient que leur discours et eux même seront évalués très négativement par le publique ?
Je penche plutôt pour le fait que l'importance de la désirabilité explicite du discours a été inhibée par une motivation plus grande. Je pense par contre qu'il y a une désirabilité implicite, non dites, de ce discours.
4. Les gens qui soutiennent ce genre de justification au sein de ce village : Quelle place ont-ils ? Quel rôle ?
Selon moi, ils permettent à la majorité du village de rester bien pensante de ne pas avoir à formuler et intérioriser quelque chose d'indésirable. La majorité doit rester bien pensante, d'où la désirabilité implicite dont je parle au-dessus et l'émergence d'une minorité à parole extrême.
Pour la globalité du village, l'écart, dissonance, entre la norme "il faut aider les personnes en danger" et leur inaction est soulagée indirectement. Une petite partie des villageois a pris le rôle de justificateur extrémiste, ces justifications inacceptables, rendent les justifications des autres gens beaucoup plus acceptable en comparaison. Donc une petite minorité permet à la majorité de donner de la valeur à leur justification : le simple fait d'avoir peur. Voir même permet aux autres de ne même pas avoir à se justifier et de rendre l'opinion plus compréhensive vis à vis d'eux, du fait qu'au moins ils ne disent pas d'horreurs. Pour la majorité du village la dissonance crée par l'écart entre leurs actes et la norme est ainsi diminué, sans avoir besoin d'un recoure à des justifications indésirables.
La globalité du village peut ainsi rester "visiblement" conforme à la norme, acceptable par la société.
Qui ne dit mot ! Consent ? .....
J'aimerai aussi comprendre pourquoi les journalistes n'ont pas rappelé que porter secours au personne en danger est une règle primordiale de la citoyenneté. En effet rien n'a été ajouté après ces commentaires effarants, comme si cela été cautionné par les médias. Médias qui sont pourtant plus que tributaire de l'opinion publique.
Je ne connais pas cette Mina, ni tous les gens qui sont ou ont été dans sa situation, je trouve le système deplorable.
Chouette !
Commentaires